L’ostéopathie au service des plagiocéphalies

« On arrête d’abimer la tête de nos enfants. » B. De Gasquet et T. Marck

• Plagiocéphalie .. Brachycéphalie .. Syndrome de la tête plate .. ?

Mettons un peu d’ordre dans tout cela.

La Plagiocéphalie se définie par une déformation crânienne apparaissant chez le bébé durant la grossesse ou durant les premiers mois de la vie. Elle se caractérise par un aplatissement asymétrique d’un côté du crâne.

Elle peut être de 2 sortes :

  • Congénitale c’est à dire une craniosténose : lors de l’ossification prématurée d’une suture du crâne qui ne peut se soigner que par la chirurgie. C’est un cas rarement retrouvé.
  • Positionnelle ; on retrouve plusieurs signes d’alerte comme la tête penchée ou tournée d’un côté constamment, une difficulté à tourner la tête. La plagiocéphalie postérieure d’origine positionnelle se manifeste physiquement par une oreille plus avancée l’une que l’autre, le front bombé du même côté que l’oreille avancée ainsi que l’inéluctable côté du crâne plat.

Lorsque l’on observe un aplatissement de tout l’arrière du crâne, on se retrouve face à une Brachycéphalie.

      

1. Crâne sans déformation                      2. Plagiocéphalie droite                               3. Brachycéphalie

• Pourquoi un bébé à la tête plate ?

A la naissance, le crâne de l’enfant est mou car il n’est pas encore totalement ossifié. Il est formé d’un ensemble de plaques osseuses séparées l’une de l’autre par des sutures que l’on appelle plus communément fontanelles. Ces dernières permettent une souplesse du crâne nécessaire pour que la tête du bébé puisse passer dans le bassin de maman lors de l’accouchement. Par la suite, la pression du cerveau qui pousse les os vers l’extérieur va permettre l’agrandissement et la croissance du crâne.

Malheureusement, c’est aussi à cause de cette malléabilité, que le crâne de l’enfant va s’aplatir et développer une plagiocéphalie ou brachycéphalie.

Plusieurs facteurs de risques peuvent être en cause :

  • In-utéro : votre bout de chou se développe, il prend de plus en plus de place mais maman ne peut lui donner toute la place requise provoquant des contraintes sur tout son corps en particulier sa tête.
  • Grossesse multiple : en extrapolant le point précédent, une grossesse multiple laissera encore moins de place pour chacun des bébés et donc plus de contraintes pour chacun.
  • Accouchement : un long travail avec des contractions, l’utilisation de ventouses, spatules ou forceps ; peuvent ajouter des tensions particulières sur son crâne. Alors qu’il n’a que quelques heures, votre bébé aura vécu beaucoup de choses et des dysfonctions pourront déjà se faire sentir.
  • Gros poids de naissance : un bébé présentant une macrosomie (plus « gros » à la naissance) aura moins d’agilité, de souplesse pour bouger sa tête qui est lourde 20% du poids du corps. Il sera plus fainéant et sa position de confort avec la tête tournée uniquement d’un côté sera privilégiée. Cas fréquent lors de diabète gestationnel.
  • Torticolis : comme expliqué plus haut, dans le ventre de maman, bébé est exposé à des pressions importantes. Elles perturbent l’équilibre corporel du corps, en particulier, l’un des muscles soutenant et tournant la tête de votre bébé. Lorsque ce muscle (sterno-cléido-occipito-mastoïdien) est moins souple et raccourci dans le cas d’un torticolis, votre nourrisson tournera la tête du côté de ce muscle de façon préférentielle. Tourner la tête de l’autre côté lui demandera un effort plus important et sera donc exceptionnel.
  • Position prolongée : la plagiocéphalie postérieure d’origine positionnelle est présente par la position que prend le bébé. Depuis les années 90, la position de couche officielle est le couché sur le dos ; cela dans le cadre de la prévention de la mort subite du nourrisson. Mais comme l’explique les Docteurs De Gasquet et Marck :

La loi de l’abricot mûr : « De même qu’un abricot mûr que l’on laisserait trop longtemps poser sur une assiette finit par s’aplatir, de même que le crâne du bébé, trop longtemps placé en appui postérieure, finit lui aussi par s’aplatir. »

Les conséquences esthétiques ne sont pas les seules, des conséquences neuro-cérébrales sont aussi a déplorées. Lors d’un syndrome de tête plate, les zones cérébrales sont déplacées par rapport à leur position naturelle. A long terme, ces problèmes peuvent engendrer des difficultés d’apprentissage, de concentration ; troubler le développement de la face (articulé dentaire, perception visuelle et nasale, oculo-labyrintique) mais aussi un déséquilibre de la posture globale du corps avec une asymétrie des ceintures scapulaire (les épaules) et pelvienne (le bassin) pouvant être à l’origine de scoliose.

• Traiter la tête plate avec l’aide de l’ostéopathie

Votre bébé adopte une posture de confort : l’enfant se développe en ayant un côté préférentiel, la plagiocéphalie s’installe petit à petit. Il est donc important d’agir dès que possible. A partir de 6 mois, une partie du crâne du bébé s’ossifie et la déformation se fixe petit à petit.

Les axes de traitement visant à estomper le syndrome de la tête plate sont multiples. Il est intéressant de travailler dans plusieurs directions afin d’avoir le meilleur résultat pour le bien-être de l’enfant.

Chaque moment de la journée doit avoir pour but de libérer le côté plat, c’est à dire éviter que l’enfant soit appuyé ou la tête posée sur l’aplatissement. Les jouets, mobiles ou objets lumineux doivent être placés sur le côté opposé de la plagiocéphalie, attirant l’enfant du côté qu’il n’a pas l’habitude d’aller. Il en est de même lors du bain, des moments d’éveils et des repas ; les stimulations contre balançant la posture de confort.

Durant les premiers mois de sa vie, votre enfant passe plus de temps à dormir qu’à être éveillé. De ce fait, sa manière de dormir est très importante et lorsque votre enfant possède déjà une position de confort avec une tête tournée d’un côté, il faut travailler sur le repositionnement. Pour que votre enfant réalise une rotation de tête à l’encontre de sa plagiocéphalie, placez un drap roulé sous le matelas de façon a réalisé un plan légèrement incliné. De lui-même, votre enfant s’empêche de tourner la tête par habitude, ainsi par le phénomène de gravité, cela se fera tout seul.

Les pédiatres, médecins et sages-femmes constatant la déformation, seront à même de vous diriger vers le professionnel de santé le plus pertinent pour votre enfant. Lors d’un torticolis, le kinésithérapeute permettra la libération des muscles du cou, laissant la possibilité à l’enfant de tourner sa tête aisément. En parallèle, un travail Ostéopathique est essentiel lors de présence de plagiocéphalie. Un travail crânien de modelage, une libération de la base du crâne, un équilibre cervical .. sans oublier l’approfondissement ostéopathique global …  autant de techniques multiples qui existent à adapter en fonction de votre enfant.

Pour les cas les plus sévères, le recours à un casque est nécessaire. Il est très contraignant pour l’enfant : il sera porté 22h / 24h pendant 2 à 4 mois suivant l’évolution.

• Comment prévenir une plagiocéphalie ?

Pour éviter d’en arriver là mais aussi en association au traitement précédent, quelques petits conseils sont d’or :

  • Consulter un ostéopathe à la sortie de la maternité pour libérer les éventuels blocages liés à la grossesse ou à l’accouchement ;
  • Après ses 1 mois, lors des moments d’éveils de votre enfant, placez-le sur le ventre pour faire travailler le développement des muscles du cou. Vous devez bien entendu rester à ses côtés lors de ces moments de détente sur le ventre ;
  • Stimuler systématiquement bébé des deux côtés : jouer avec lui en l’attirant d’un côté puis de l’autre, changer le bras avec lequel vous lui donnez le biberon de façon alternative ;
  • Alterner le sens de couchage du bébé dans son lit (tête/pieds) car il aura tendance à regarder vers vous ;
  • Changer la tête de côté de votre bébé quand il dort, en alternant de façon régulière ;
  • Utiliser au maximum la motricité libre (un article prochainement pour vous vanter les bénéfices de la motricité libre) ;
  • Favoriser le portage afin de soulager le crâne d’un appui répété.

La prévention est primordiale et elle repose avant tout sur la mise en place d’un environnement favorisant l’activité motrice spontanée. Mais n’oublions pas qu’une « tête plate » doit vous interpeller et vous pousser à consulter un professionnel de santé. Une prise en charge médicale, ostéopathique et l’application des conseils de positionnement permettront à votre bébé de retrouver une forme homogène et de pallier à d’éventuelles complication.

A bientôt,

Amandine CORBIN, votre Ostéopathe D.O.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter !

Liens :

Grossesse et Ostéopathie

L’ostéopathie au service d’une expérience merveilleuse : votre maternité.

• La grossesse

Au 1er trimestre de la grossesse, les préoccupations de la femme vont surtout concerner son corps et ses besoins. Elle est à l’écoute des premiers signes de transformations corporelles : le ventre qui se bombe légèrement, l’augmentation de la poitrine, la fatigue inhabituelle…
Elle se centre aussi sur la prévention des troubles du début de grossesse : nausées, vomissements, changement de l’appétit … qui sont plus ou moins supportables.

Au 2ème trimestre, les symptômes désagréables du début de grossesse cessent et un équilibre semble s’installer. La femme se sent épanouie et commence à se voir comme un nouveau parent. Les rondeurs apparaissent pouvant provoquer des tiraillements ou des douleurs car l’utérus est un muscle qui s’agrandit petit à petit. C’est aussi un trimestre émouvant pour les futurs parents : les mamans dont c’est le premier enfant commencent à percevoir les mouvements du fœtus aux environ du 5ème mois.

Le dernier trimestre prépare progressivement la naissance et l’accueil de l’enfant. Le bassin de la femme devient de plus en plus mobile pour faciliter la descente du bébé. C’est la période où les exercices de préparation à l’accouchement s’intensifient afin d’être prête au mieux pour ce jour tant attendu.
A ce moment de la grossesse, le ventre de la femme enceinte modifie l’équilibre de la femme. Le centre de gravité est déporté en avant et son rétablissement ne se fait que par une bascule en arrière du tronc entraînant une lordose lombaire exagérée.

 

• Soulager les maux de grossesse par l’ostéopathie

L’adaptation physiologique du corps de la femme est souvent accompagnée de petits désordres fonctionnels et algiques.

Début de grossesse : 1er au 5ème mois :
– Douleurs pelviennes
– Nausées
– Vomissements

Du 5ème au 9ème mois :
– Pubalgie : douleur pubienne
– Gonalgie : douleur au niveau des genoux
– Lombalgie : douleur lombaire
– Reflux gastroœsophagien ou douleur d’estomac
– Douleur abdominale
– Constipation
– Essoufflement d’effort

Troubles fréquents associés à la grossesse :
– Œdèmes des membres inférieurs
– Lourdeurs des jambes et crampes
– Pesanteur pelvienne
– Tension mammaire
– Sommeil perturbé
– Irritabilité, agressivité, syndrome dépressif
– Instabilité vésicale, incontinence

Une femme enceinte subit de multiples remaniements physiologiques, physiques et mécaniques pendant sa grossesse. Votre ostéopathe peut vous accompagner pendant ses 9 mois et diminuer les symptômes fréquents de femme enceinte.

Les douleurs de dos et les troubles digestifs sont presque inévitables. Les nausées et les vomissements sont monnaie courante lors du premier trimestre, qui se transformeront en remontées acides au fil de la grossesse. Votre ostéopathe calmera ces malaises avec un travail sur l’estomac, le foie et les vertèbres reliées à ces structures.

Les lombalgies sont des maux fréquents pendant la grossesse malgré cela, la situation reste inconfortable pour la future maman. Une séance visant à corriger la posture, redresser le tronc en travaillant sur la colonne vertébrale, le bassin, le diaphragme et les organes abdominaux, pourra faire disparaître ces douleurs. Cette consultation aidera la future maman à adopter une nouvelle posture plus agréable au quotidien.

• Le suivi de la grossesse par un ostéopathe

Risqué ou non pour le bébé ?

Il est tout à fait normal pour une maman de se poser cette question. L’important est d’enlever tous les doutes possibles :
Il n’y a aucun risque ni pour vous ni pour votre bébé à consulter un ostéopathe pendant la grossesse. Bien au contraire l’ostéopathe fera tout pour améliorer votre confort à tous les deux.

Prise en charge pluridisciplinaire

La prise en charge ostéopathique d’une femme enceinte demande à la fois des connaissances professionnelles spécifiques, de la subtilité physique et psychique et de la bienveillance. L’accompagnement du praticien ostéopathe semble une nécessité tout au long du parcours de la grossesse. Avec ses techniques, il va assister la nature et l’organisme dans l’expansion physiologique des tissus.

En parallèle, il est indispensable d’avoir un suivi régulier chez le gynécologue obstétricien ou chez une sage-femme afin de vérifier la bonne croissance du fœtus et la régularité de la grossesse.

A partir du 6ème mois, il est intéressant de commencer la préparation à l’accouchement. Plusieurs choix s’offrent à vous, future maman :
– La préparation dite classique chez une sage-femme,
– La sophrologie chez certaines sages-femmes spécialisées dans le travail sur la respiration,
– L’haptonomie pour créer un lien particulier entre les futurs parents et le bébé, (futur article pour que vous en appreniez un peu plus sur l’haptonomie)
– Pour les plus spirituelles, la méditation peut aussi vous aider.

 

Qu’il s’agisse de pallier les désagréments ordinaires de la femme enceinte (fuites urinaires, mal de dos ou vomissements, …), d’accompagner la jeune maman (rééducation du périnée de façon complémentaire à une prise en charge kiné, douleurs du coccyx ou associées à la péridurale) ou de choyer le nouveau-né (coliques, reflux, tête asymétrique, troubles ORL…), votre ostéopathe est votre allié avant, pendant et après votre grossesse.

 

& puis, n’oublions pas, Félicitations à tous les futurs parents !

 

A bientôt, votre ostéopathe Amandine CORBIN

 

Si vous avez des questions n’hésitez pas à nous contacter !

Liens :
Oosteo.com
– Formation de Bernard Ferru Ostéopathe D.O.
– « L’ostéopathie pour maman et bébé. » Piquemal Emmanuel Ostéopathe
– Brochure « Grossesse, Maternité et Petite enfance » du Syndicat National des Ostéopathes de France